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Transcription

Contradictions

Poésie thérapie: la honte émotionnelle et le besoin inconditionnel de validation

J’ai envie de fuir et de rester.

C’est beau, mais je me sens dépaysagée.

Je me sens seule et entourée.

Je me sens bien accompagnée, mais d’une mauvaise compagnie.

On me dit : « T’inquiète », mais je me soucie.

On me dit : « Je t’aime », mais ça sonne amer à mon oreille, et mon « je t’aime » de retour, il sonne pareil.

Je ne suis pas rassurée, et je suis blessée.

L'impacte de la dissonance sur le besoin d'être validé: la contradiction entre ce qu'elle sait et ce qu'elle ressent rend le besoin de validation encore plus crucial et, paradoxalement, plus difficile à obtenir.

Quand j’en parle, on ne comprend pas. D’un côté, qu’on ne comprenne pas me va, mais d’un côté je me sens étrangère.

Étrangère des réalités externes où je me perds. D’un côté, c’est rassurant ; d’un côté, je me perds.

Mon impression intérieure est illusion. Tant mieux, car c’est souvent noir. Enfouie au fond de l’entonnoir.

Pourtant, on me dit chaleureuse et rieuse.

La contradiction de la réalité et du ressentie qui amène le thème de déconnexion non pas avec le monde, mais de la possibilité de s’y sentir émotionnellement lié. Il y a présence d’un doute face à la réalité ce qui fait que son cœur (son ressentie) se sent étranger du monde extérieur (la réalité).

Moi, j’ai toujours pensé que les gens lumineux étaient les gens les plus malheureux. Comme s’il fallait balancer.

L’amour donné aux autres sera celui de moins pour soi-même. J’ai l’impression que chaque relation va me faire de la peine.

Et je réalise que je n’arrive même plus à me confier. J’ai toujours l’impression que les immenses émotions exprimées seront mal digérées.

On m’a tellement dit que j’étais dramatique et trop sensible. Je l’ai intériorisé comme pénible.

La honte émotionnelle: Quand l’auteur reçoit de l’amour et du soutien , mais qu’elle ne parvient pas à le ressentir (il sonne “amer”), cela crée un sentiment de culpabilité ou de honte.

Rationnellement : “Je devrais être heureuse/rassurée, car j’ai de l’amour.”

Émotionnellement : “Je ne suis pas heureuse/rassurée. Mon ressenti doit être défectueux ou faux.”

Ce sentiment d’être “défectueuse” est renforcé par le jugement passé (”dramatique et trop sensible”). Elle intériorise que son monde émotionnel intense est “pénible” et “noir”.

Quand je donne aux autres et que je suis empathique de leur situation, ma sensibilité est accueillie. Mais quand c’est moi, on me dit de diminuer, on ne peut pas gérer, tu dois rationnaliser, tu dois te calmer, tu es mieux une fois rétablie.

Mais cette intensité me permet d’aider.

J’aurais juste voulu qu’on me dise : « C’est OK, c’est accepté. Aujourd’hui, c’est moi qui vais t’aider. Aujourd’hui, tu peux mal aller. »

Je n’arrive pas à me désensibiliser. Je ne peux pas en parler à ma famille dont la solution, c’est de prendre une tisane à la camomille.

Exigence de l’authenticité:

Le besoin de validation exprimé n’est pas seulement un besoin d’être aimée, mais d’être acceptée dans son état de contradiction et d’intensité. La validation inconditionnelle est la seule façon de réconcilier ses deux réalités.

Elle demande à ce que son état émotionnel (le non-ressenti, la noirceur, l’intensité) soit reconnu comme légitime, même s’il contredit les faits rationnels (l’amour présent). Elle veut que son intensité soit vue comme une force et qu’elle soit reçue avec la même empathie qu’elle donne aux autres. Elle a besoin qu’on lui valide son ressenti, pour que le rationnel puisse enfin être intégré sans résistance.

En conclusion: Le doute naît du fait que son cœur ne valide pas ce que sa tête sait. Elle est prise entre une réalité qu’elle observe, mais qui lui fait défaut sur le plan émotionnel, et une réalité qu’elle ressent, mais qui est rejetée par le monde.

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